Le paradoxe des méfaits de l’alcool

Consommation d’alcool et mortalité liée à l’alcool se comportent de manière surprenante avec le revenu

Temps de lecture : 2 min.

Grâce à un post de Jon de Quidt sur Bluesky, je découvre l’existence du (surprenant) paradoxe des méfaits de l’alcool (“alcohol harm paradox” en anglais). Le paradoxe repose sur deux observations empiriques.

La première observation est que la proportion de ménages qui achètent de l’alcool augmente avec le revenu. C’est par exemple le cas au Royaume-Uni (il s’agit de la courbe la plus haute sur le graphique) :

Source. Interprétation : environ 50 % des ménages appartenant au groupe de revenu 1 (revenus les plus faibles) achètent de l’alcool.

La deuxième observation est que la mortalité liée à l’alcool diminue avec le revenu. Cette observation ne me surprend (malheureusement) pas, tant la mortalité a tendance à augmenter avec la pauvreté. Toujours au Royaume-Uni :

Source. Interprétation : les 20 % les plus pauvres (“most deprived“) ont un taux de mortalité dû à l’alcool d’environ 28 décès pour 100.000 personnes.

Le paradoxe des méfaits de l’alcool est donc le suivant : plus une personne est riche, plus elle est susceptible d’acheter de l’alcool. Mais plus une personne est riche, moins elle est susceptible de mourir d’une maladie liée à l’alcool.

Je ne sais pas si l’on sait expliquer le paradoxe. Quand j’ai découvert son existence, j’ai suspecté qu’il pourrait s’expliquer, au moins en partie, par des quantités consommées différentes selon le revenu. Mon hypothèse est la suivante : la proportion de personnes pauvres qui achètent de l’alcool est certes plus faible, mais les personnes les plus pauvres pourraient boire des quantités d’alcool plus importantes. Or, ça n’est apparemment pas le cas : la quantité consommée semble augmenter avec le revenu.

Une autre piste pourrait être des modes de consommation différents. Cet article montre que les personnes les plus pauvres ont tendance à avoir des épisodes de consommation plus concentrés et plus intenses. Ce mode de consommation serait vraisemblablement plus néfaste pour la santé.

Et vous, connaissiez-vous l’existence du paradoxe des méfaits de l’alcool ?

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